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Des routes vers nulle part : les mesures des banques centrales sont-elles bien utiles ?

« …imprimer ! Imprimer ! Imprimer ! sans limite… » 

« Des taux d’intérêt à zéro et cinq mille milliards de dollars de monnaie venant de nulle part ont mené les pays développés où ? », se demande Adrian Ash de BullionVault, cinq ans après le début de la crise financière mondiale.

Au bord du gouffre, au bout du débarcadère, semble-t-il…

Figure 1 : Bilan des quatre banques centrales principales (en mille milliards de dollars). BoE : Banque centrale d’Angleterre ; ECB : Banque centrale européenne ; US Fed : Réserve fédérale américaine ; BoJ : Banque centrale du Japon.


« Ayant construit un pont pour d’autres décideurs et pour des bilans sains dans le secteur privé, les banques centrales doivent maintenant espérer qu’une réponse plus à propos, détaillée et efficace verra le jour (et doivent la réclamer selon le cas) », affirme ce mois-ci le directeur général de Pimco, Mohamed El-Erian.

La réclamer, elles l’ont fait. Les dirigeants de chacune des quatre grandes banques centrales du monde développés ont récemment dit qu’ils ne pourraient pas sauver le monde, avec simplement plus de billets, tant pis pour les taux d’intérêt les plus bas, restés longtemps à zéro. Donc cette semaine, le président de la banque centrale européenne, Draghi, appelle à un « pacte de croissance » des gouvernements de la zone euro. Ben Bernanke a ajouté ses deux sous, en affirmant « qu’il a été extraordinairement accommodant », et que vraiment il préférerait ne pas imprimer ! Imprimer ! Imprimer ! sans limite, simplement dans l’espoir vague de stimuler marginalement et de façon incertaine l’économie.

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Les présidents actuels des quatre banques centrales principales :

*Mario Draghi  --> Banque centrale européenne

*Mervyn King --> Banque centrale d’Angleterre

*Ben Bernanke --> Réserve fédérale américaine (Fed)

*Masaaki Shirakawa --> Banque centrale du Japon

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Les véritables actions du président de la Fed jusqu’ici nous laissent penseurs. Mais quiconque dit que Paul Krugman a faux, même si tard dans cette situation, ne peut pas être tout à fait mauvais. Et après avoir shooté dans une boîte de conserve aussi loin que possible au bout de la rue, les dirigeants des banques centrales semblent vraiment espérer que les autorités fiscales arriveront dans la zone de pénalty, tireront entre les défenseurs placés près des poteaux et marqueront.

Et, sinon ? « Si [la correction du gouvernement] peine à se matérialiser, les banques centrales risquent de se retrouver à avoir bâti des ponts très chers qui vont nulle part, » déclarait déjà El Erian en janvier.

Le choix de l’expression « ponts qui vont nulle part » (bridges to nowhere) est pertinente mais étrange. Le plus souvent, elle décrit l’énorme dépense du gouvernement vu au Japon quand il s’est débattu contre la déflation par la dette après que sa bulle ait explosé au début des années 1990. Le béton a été versé à travers le pays, avec des routes et des ponts littéralement bâtis pour emmener personne, nulle part, autre que garder les travailleurs éloignés des pôles emploi locaux.

Donc la correction qu’espèrent El-Erian, le directeur général de Pimco, et les banques centrales du monde entier maintenant ne pourrait en fait ne pas marcher. Elle n’a sûrement pas inversé la dépression du Japon il y a vingt ans. Et de toute façon, elle n’a encore rien donné en occident, où le « plan d’austérité » (ou ce qui s’en rapproche) n’est contesté seulement que maintenant par un consensus politique grandissant.

 En attendant cette correction, et l’extension des débarcadères de ces mesures (ces ponts qui se jettent dans la mer) cette fois dans l’espoir de raviver l’investissement du secteur privé en bâtissant au dessus de la dette public record d’aujourd’hui, « [les banques centrales] vont faire face à une forte pression, avec des implications pour le futur du système des banques centrales lui-même, ainsi que pour le bien-être des économies aux niveaux national, régional et mondial », comme prévenait El Erian en début d’année.

Adrian Ash dirige le bureau de recherches de BullionVault, un des moyens les plus simples et les plus économiques au monde d'acheter et d'investir dans l'or. Après avoir été responsable éditorial pour Fleet Street Publications -- l'homologue britannique des Publications Agora -- il a été correspondant du Daily Reckoning à la City de Londres pendant quatre ans. Il intervient désormais régulièrement dans les publications de 321gold.com, FinancialSense, GoldSeek, Prudent Bear, SafeHaven et Whiskey & Gunpowder ainsi que sur plusieurs sites internet d'investissement. Les points de vue d'Adrian sur le marché de l'or sont régulièrement repris par le Financial Times et AFX Thomson.
 
 

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