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Grande Bretagne, Grande dépression

Les économistes sont d’accord, les choses ont l’air d’aller mal. Ils ont tort…


« Beaucoup de gens pensent que l’économie du Royaume-Uni va terriblement mal. Ils ont raison, bien sûr. Mais la Grande Bretagne ne va pas aussi mal que ce qu’elle pourrait probablement subir bientôt », écrit Adrian Ash chez BullionVault.

« C’est une période de production déprimée beaucoup trop longue que lors de la Grande dépression », pense Jonathan Portes, le directeur du groupe d’experts britanniques de l’Institut nationale pour la recherche économique et sociale (ou National Institute of Economic & Social Research, NIESR) et anciennement économiste en chef sous l’ancien gouvernement travailliste au Cabinet Office (ou Secrétariat Général du Gouvernement) de Downing Street à Londres.

Portes reconnait un désastre économique quand il en voit un, en bref. Quoique dans son rétroviseur. Maintenant l’analyse de Portes est citées par Brad DeLong à l’Université de Californie, à Berkley… seulement une semaine après que le professeur DeLong ait mentionné la même idée, cette fois-ci de Menzie Chinn, professeur aux affaires publiques et économiques à l’Université du Wisconsin.

« Le Royaume-Uni traverse sa première récession à double creux, depuis 1975 », affirme Chinn. « Ce redressement est en fait pire que celui de la Grande dépression », ajoute-il, en citant Reuters, qui avait repris en fait les comptables britanniques rémunérés par l’état, l’Office national des statistiques  pas moins, qui eux ont repris Paul Krugman, qui, grand dieu !, répétait en fait les propos de Johnathan Portes de la NIESR, qui avait lui-même fait le premier, en janvier, la comparaison avec la Grande dépression.

Confus ? Peu importe. Aussi circulaire que puisse être la route de ce meme d’un prétendu législateur à un autre, l’histoire commence à être entendue. Les données le prouvent après tout. Si vous faites un graphique de la production économique britannique depuis 2008 et comparez son vrai cheminement qui a débuté en 1930… vous trouverez que cette récession a maintenant duré plus que la Grande Dépression. C’est-à-dire entre 1929 et 1934, bien sûr. Mais seulement aux Etats-Unis.

 

La grande depression de la grande bretagne

Figure 1 : La longue Grande dépression de la Grande-Bretagne. (Bleu : PIB annuel, ajusté à l’inflation jusqu’à 2005, en milliards de livres sterling, à gauche ; vert : PIB annuel, en nominal, en milliards de livre sterling, à droite).



Les termes de référence sont importants. Et à l’époque du Grand Crash de Wall Street, le Royaume-Uni n’était pas encore sorti de la dépression post première guerre mondiale qui avait commencé en 1920.

L’économie domestique britannique n’a pas retrouvé son pic de la première guerre mondiale avant la fin des années 1930, ni en nominal, ni en termes réels. Tandis que les Etats-Unis sont restés coincés dans Le trouble des Temps modernes uniquement en 1930. La Grande dépression britannique était beaucoup plus longue et beaucoup plus grande.

Elle pourrait s’avérer encore pire. Les économistes des deux côtés de l’Atlantique en conviennent. Mais qu’ils puissent renverser ce qui passe pour être de « l’austérité » ou non, ils vont probablement avoir une surprise. Parce que renverser notre déclin d’après guerre va s’avérer pire et plus long que ce qu’ils craignent. La guerre étant cette guerre entre dette et dépression, une guerre entreprise avec des crédits toujours plus faciles depuis la fin des années 1990, et encore dans sa planque de tireur embusqué, en tirant des taux d’intérêt à zéro sur les épargnants et les débiteurs aujourd’hui. Une guerre que les conseillers experts en économie viennent seulement de repérer.

 

 

Adrian Ash dirige le bureau de recherches de BullionVault, un des moyens les plus simples et les plus économiques au monde d'acheter et d'investir dans l'or. Après avoir été responsable éditorial pour Fleet Street Publications -- l'homologue britannique des Publications Agora -- il a été correspondant du Daily Reckoning à la City de Londres pendant quatre ans. Il intervient désormais régulièrement dans les publications de 321gold.com, FinancialSense, GoldSeek, Prudent Bear, SafeHaven et Whiskey & Gunpowder ainsi que sur plusieurs sites internet d'investissement. Les points de vue d'Adrian sur le marché de l'or sont régulièrement repris par le Financial Times et AFX Thomson.
 
 

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