23/09 Les ETF sur l'or reculent par rapport à leur niveau record...
...mais la demande « défie la hausse des taux réels ».
Aujourd'hui, le mercredi 23 septembre 2026, à Londres, les cours des actions des ETF sur l'or ont chuté, alors que le cours de l'or atteignait son plus bas niveau depuis une semaine. Sous la barre des 4 300 dollars l'once troy, inversant ainsi le rebond observé pendant la nuit, alors que le pétrole brut retrouvait la barre des 100 dollars et que les taux d'emprunt à long terme des États-Unis et d'autres gouvernements occidentaux remontaient vers les plus hauts niveaux enregistrés depuis plusieurs décennies sur le marché obligataire la semaine dernière.
Alors que les deux principaux fonds négociés en bourse (ETF) adossés à l’or ont reculé de 0,1 % depuis la clôture de vendredi, les ETF sur l’or à l’échelle mondiale ont, la semaine dernière, atteint un niveau tel qu’ils ont nécessité, pour la toute première fois, plus de 4 250 tonnes d’or, selon les données du World Gold Council, l’organisme représentant l’industrie minière.
Cette évolution a coïncidé avec le rendement réel des bons du Trésor américain à 10 ans indexés sur l’inflation, qui a atteint son plus haut niveau depuis novembre 2008, au plus fort de la crise financière mondiale, dans le chaos provoqué par la faillite de Lehman Brothers.

Ayant progressé vendredi dernier pour atteindre la limite supérieure de sa fourchette des cinq dernières années en termes de taille, le SPDR Gold Trust (NYSEArca : GLD), premier ETF sur l’or au monde, a affiché, au cours des 13 derniers week-ends, sa plus forte corrélation positive avec l’évolution des rendements réels des obligations américaines depuis le début de l’année 2022.
S’établissant désormais à +0,72, ce chiffre – connu sous le nom de coefficient r en statistique – serait de +1,00 si la taille du GLD, exprimée en tonnes, évoluait exactement au même rythme que le rendement des TIPS à 10 ans.
Au cours des 20 dernières années, il s’est généralement établi à -0,34, le GLD ayant tendance à se contracter lorsque les rendements réels des obligations américaines augmentaient, et inversement.
Cette « divergence » par rapport aux normes historiques « met en évidence un décalage de plus en plus marqué entre la demande d’or et ce qui a toujours été, historiquement, une forte relation inverse avec les rendements réels », explique Ole Hansen, de la plateforme de spread betting Saxo Bank.
Les cours de l’or « peuvent augmenter parallèlement à une hausse progressive des taux réels – une trajectoire sur laquelle nous semblons nous engager », estime Alliance Bernstein, gestionnaire d’actifs de 900 milliards de dollars, car « les banques centrales n’ont pas fini de diversifier leurs réserves, en les détournant du dollar américain et des autres devises du G7 au profit de l’or ».
« L’or est passé d’un placement purement lié aux taux réels à un placement purement lié à la liquidité », explique Jurrien Timmer, directeur de l’analyse macroéconomique chez Fidelity Investments, gestionnaire d’actifs de 7 000 milliards de dollars, qui estime la « juste valeur » de l’or à 5 000 dollars sur la base d’un modèle suivant l’évolution de la masse monétaire américaine.
« Le marché pressent une pente glissante vers la domination budgétaire [par le Trésor américain, lourdement endetté] et une perte possible de l’indépendance de la Fed. »
Mais alors que le chômage américain en août « prolonge la plus longue série de l’histoire à 4,5 % ou moins », a déclaré hier dans un discours Thomas Barkin, membre sans droit de vote du Conseil des gouverneurs de la Fed pour 2026, « il est clair [que] les risques liés à l’inflation l’emportent sur ceux liés au plein emploi.
« C’est pourquoi nous avons relevé les taux » lors de la réunion de la Fed de septembre qui s’est tenue la semaine dernière.
La chute de l’or à 4 278 dollars aujourd’hui a entraîné les cours de l’argent vers leurs plus bas niveaux depuis une semaine, tout comme ceux des autres métaux précieux industriels que sont le platine et le palladium, qui ont respectivement chuté à 64,38 dollars l’once troy, 1 749 dollars et 1 257 dollars.
Dans le même temps, les marchés boursiers mondiaux ont reculé sur l’indice MSCI World, bien que le Nasdaq 100 de New York, qui regroupe les valeurs technologiques américaines, ait atteint mardi à la clôture un nouveau record historique pour la première fois depuis juin.
« Jamais les actions n’ont dû autant à si peu », ironise John Authers, chroniqueur chez Bloomberg, reprenant les propos de Winston Churchill pour souligner que « la moitié de la hausse du Nasdaq mardi était imputable à quatre géants de la fabrication de puces [d’IA] » : Micron, Sandisk, AMD et Nvidia.
La hausse de 6,4 % enregistrée par le Nasdaq 100 sur la semaine jusqu’à mardi soir « s’est produite alors même que 32 de ses composants affichaient des baisses ».
Les négociateurs américains et iraniens se sont rencontrés aujourd’hui à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, bien que le régime théocratique iranien ait rejeté la menace d’« anéantissement » proférée par le président américain Trump, la qualifiant d’aveu de « désespoir » face à sa guerre au Moyen-Orient.
Les contrats à terme de novembre sur le Brent ont de nouveau franchi aujourd’hui la barre des 100 dollars le baril, après être passés sous ce seuil pour la première fois en deux semaines.
